Le ballet
Ça t'arrive sans crier gareAu milieu d'une heure incoloreUn geste, une odeur, un regardQui comme déchire ton décorTout à coup ce cœur qui t'avait presque oubliéSe pointe à ta porte et se remet à cognerAttention, le ballet va commencerTu comprends pas trop c'qui t'arriveTu crois d'abord à une erreurTu l'évites et lui te devineEntre le désir et la peurTu t'entends lui dire des phrases sans aucun sensQui'mporte, les mots n'ont plus la moindre importanceCar le ballet a commencéIl met ses plus beaux autours et du miel sur sa voixToi tu te fais velours et tes bijoux brillent sur toiIl te dit poèmes et réves et lointains voyagesTu réponds Florence, peinture, impeccables imagesDames et cavaliers, avancezUn coup d'œil à son dos, ses hanches, quand s'efface le galantinUn regard quand elle se penche et laisse deviner un seinElle sait déjà ses mains, les contours de sa boucheLe cambré de ses reins, qu'elle a noté en douceCar le ballet va s'animerIl a su les codes et donné les bons mots de passeEncore un peu d'alcool et que tombent les cuirassesLivrées les clés des corps enfin les peaux s'embrassentEt le temps s'arrete tant que dure la grâceCar le ballet, est bientôt terminéEt la vraie vie, va commencerEt oui, la vraie vieLe blues du businessman
Paroles: Luc Plamondon. Musique: Michel berger 1978
autres interprètes: Etienne Chicot, Nicole Croisille, Céline Dion, Bernard Tapie
Zéro Janvier
J'ai du succès dans mes affairesJ'ai du succès dans mes amoursJe change souvent de secrétaireJ'ai mon bureau en haut d'une tourD'où je vois la ville à l'enversD'où je contrôle mon universJ'passe la moitié de ma vie en l'airEntre New York et SingapourJe voyage toujours en premièreJ'ai ma résidence secondaireDans tous les Hilton de la TerreJ'peux pas supporter la misèreFoule
Au moins es-tu heureuxZéro Janvier
J'suis pas heureux mais j'en ai l'airJ'ai perdu le sens de l'humourDepuis qu'j'ai le sens des affairesJ'ai réussi et j'en suis fierAu fond je n'ai qu'un seul regretJ'fais pas ce que j'aurais voulu faireFoule
Qu'est-ce que tu veux mon vieux?Dans la vie on fait ce qu'on peutPas ce qu'on veutJ'aurais voulu être un artistePour pouvoir faire mon numéro Quand l'avion se pose sur la pisteÀ Rotterdam ou à RioJ'aurais voulu être un chanteurPour pouvoir crier qui je suisJ'aurais voulu être un auteurPour pouvoir inventer ma viePour pouvoir inventer ma vieJ'aurais voulu être un acteurPour tous les jours changer de peauEt pour pouvoir me trouver beauSur un grand écran en couleurSur un grand écran en couleurJ'aurais voulu être un artistePour avoir le monde à refairePour pouvoir être un anarchisteEt vivre comme… un millionnaireEt vivre comme… un millionnaireJ'aurais voulu être un artistePour pouvoir dire pourquoi j'existeJ'aurais voulu être un artistePour pouvoir dire pourquoi j'existeLe fils de Superman
Paroles: Luc Plamondon. Musique: Germain Gauthier 1991 "Dion chante Plamondon"
Tout comme son père le petit Jean-PierreÉtait un fan un fan de SupermanIl collectionnait toutes les bandes dessinéesOù il pouvait voir son héros voler comme un oiseauJean-Pierre devait avoir huit ans hierEt ses parents en étaient tellement fiersQu'ils décidèrent de faire pour son anniversaireUn voyage éclair à New York la ville de SupermanDe leur chambre d'hôtel au cinquantième étage du WilderLa vue était si belle que leur première soiréeIls la passèrent à regarder les lumières de ManhattanLe lendemain ils marchèrent sur BroadwayMain dans la main comme dans un conte de féeEt dans un magasin où l'on vendait de tout et de rienJean-Pierre se fit offrir par son père un costume de SupermanDès ce soir là il voulut le porter comme pyjamaPour pouvoir mieux rêverMais quand ses parents se furent endormisTout près de lui dans le grand litIl se leva sans bruit il ouvrit la fenêtreEt quand il vit soudain apparaître les lumières de ManhattanIl voulut s'envoler dans la nuit étoilée comme un oiseau qui planeC'est justement hier qu'on a porté en terre Jean-PierreLe fils de Superman