Sonnet

Glabre de la vaisselle et tressé du bonnet,

Un paltoquet chétif au cou mélancolique

Et long se préparait, quotidienne colique.

À prendre un autobus le plus souvent complet.

L'un vint, c'était un dix ou bien peut-être un S.

La plate-forme, hochet adjoint au véhicule,

Trimbalait une foule en son sein minuscule

Où des richards pervers allumaient des londrès

Le jeune girafeau, cité première strophe,

Grimpé sur cette planche entreprend un péquin

Lequel, proclame-t-il, voulait sa catastrophe,

Pour sortir du pétrin bigle une place assise

Et s'y met. Le temps passe. Au retour un faquin

À propos d'un bouton examinait sa mise.

Olfactif

Dans cet S méridien il y avait en dehors de l'odeur habituelle, odeur d'abbés, de décédés, d'oeufs, de geais, de haches, de ci-gîts, de cas, d'ailes, d'aime haine au pet de culs, d'airs détestés, de nus vers, de doubles vés cés, de hies que scient aides grecs, il y avait une certaine senteur de long cou juvénile, une certaine perspiration de galon tressé, une certaine âcreté de rogne, une certaine puanteur lâche et constipée tellement marquées que lorsque deux heures plus tard je passai devant la gare Saint-Lazare je les reconnus et les identifiai dans le parfum cosmétique, fashionable et tailoresque qui émanait d'un bouton mal placé.

Gustatif

Cet autobus avait un certain goüt. Curieux mais incontestable. Tous les autobus n'ont pas le même goüt. Ça se dit, mais c'est vrai. Suffit d'en faire l'expérience. Celui-là – un S – pour ne rien cacher – avait une petite saveur de cacahouète grillée je ne vous dis que ça. La plate-forme avait son fumet spécial, de la cacahouète non seulement grillée mais encore piétinée. à un mètre soixante au-dessus du tremplin, une gourmande, mais il ne s'en trouvait pas, aurait pu lécher quelque chose d'un peu suret qui était un cou d'homme dans sa trentaine. Et à vingt centimètres encore au-dessus, il se présentait au palais exercé la rare dégustation d'un galon tressé un peu cacaoté. Nous dégustâmes ensuite le chouigne-gueume de la dispute, les châtaignes de l'irritation, les raisins de la colère et les grappes d'amertume.

Deux heures plus tard nous eümes droit au dessert: un bouton de pardessus… une vraie noisette…

Tactile

Les autobus sont doux au toucher surtout si on les prend entre les cuisses et qu'on les caresse avec les deux mains, de la tête vers la queue, du moteur vers la plate-forme. Mais quand on se trouve sur cette plate-forme alors on perçoit quelque chose de plus âpre et de plus rêche qui est la tôle ou la barre d'appui, tantôt quelque chose de plus rebondi et de plus élastique qui est une fesse. Quelquefois il y en a deux, alors on met la phrase au pluriel. On peut aussi saisir un objet tubulaire et palpitant qui dégurgite des sons idiots, ou bien un ustensile aux spirales tressées plus douces qu'un chapelet, plus soyeuses qu'un fil de fer barbelé, plus veloutées qu'une corde et plus menues qu'un câble. Ou bien encore on peut toucher du doigt la connerie humaine, légèrement visqueuse et gluante, à cause de la chaleur.

Puis si l'on patiente une heure ou deux, alors devant une gare raboteuse, on peut tremper sa main tiède dans l'exquise fraîcheur d'un bouton de corozo qui n'est pas à sa place.

Visuel

Dans l'ensemble c'est vert avec un toit blanc, allongé, avec des vitres. C'est pas le premier venu qui pourrait faire ça, des vitres. La plate-forme c'est sans couleur, c'est moitié gris moitié marron si l'on veut. C'est surtout plein de courbes, des tas d'S pour ainsi dire. Mais à midi comme ça, heure d'affluence, c'est un drôle d'enchevêtrement. Pour bien faire faudrait étirer hors du magma un rectangle d'ocre pâle, y planter au bout un ovale pâle ocre et là-dessus coller dans les ocres foncés un galurin que cernerait une tresse de terre de Sienne brülée et entremêlée par-dessus le marché. Puis on t'y foutrait une tache caca d'oie pour représenter la rage, un triangle rouge pour exprimer la colère et une pissée de vert pour rendre la bile rentrée et la trouille foireuse.

Après ça on te dessinerait un de ces jolis petits mignons de pardingues bleu marine avec, en haut, juste en dessous de l'échancrure, un joli mignon bouton dessiné au petit quart de poil.

Auditif

Coinquant et pétaradant, l'S vint crisser le long du trottoir silencieux. Le trombone du soleil bémolisait midi. Les piétons, braillantes cornemuses, clamaient leurs numéros. Quelques-uns montèrent d'un demi-ton, ce qui suffit pour les emporter vers la porte Champerret aux chantantes arcades. Parmi les élus haletants, figurait un tuyau de clarinette à qui les malheurs des temps avaient donné forme humaine et la perversité d'un chapelier pour porter sur la timbale un instrument qui ressemblait à une guitare qui aurait tressé ses cordes pour s'en faire une ceinture. Soudain au milieu d'accords en mineur de voyageurs entreprenants et de voyajrices consentantes et des trémolos bêlants du receveur rapace éclate une cacophonie burlesque où la rage de la contrebasse se mêle à l'irritation de la trompette et à la frousse du basson.

Puis, après soupir, silence, pause et double-pause, éclate la mélodie triomphante d'un bouton en train de passer à l'octave supérieure.

Télégraphique

BUS BONDÉ STOP JNHOMME LONG COU CHAPEAU CERCLE TRESSÉ APOSTROPHE

VOYAGEUR INCONNU SANS PRÉTEXTE VALABLE STOP QUESTION DOIGTS PIEDS

FROISSÉS CONTACT TALON PRÉTENDU VOLONTAIRE STOP JNHOMME ABANDONNE

DISCUSSION POUR PLACE LIBRE STOP QUATORZE HEURES PLACE ROME JNHOMME

ÉCOUTE CONSEILS VESTIMENTAIRES CAMARADE STOP DÉPLACER BOUTON STOP

SIGNÉ ARCTURUS.

Ode

Dans l'autobusdans l'autobonl'autobus Sl'autobussonqui dans les ruesqui dans les rondsva son cheminà petits bondsprès de Monceauprès de Monçonpar un jour chaudpar un jour chonun grand gaminau cou trop longporte un chapusporte un chapondans l'autobusdans l'autobonSur le chapussur le chapony a une tressey a une trondans l'autobusdans l'autobonet par dlassusseet par dlassony a de la presseet y a du pronet lgrand gaminau cou trop longi râle un brini râle un broncontre un lapsuscontre un lapondans l'autobusdans l'autobonmais le lapsusmais le laponpas commoduspas commodonmontre ses dentsmontre ses donssur l'autobussur l'autobonet lgrand gaminau cou trop longva mett ses fessesva mett son fonddans le bus Sdans le bussonsur la banquettepour les bons consSur la banquettepour les bons consmoi le poèteau gai pomponun peu plus tardun peu plus thonà Saint-Lazareà Saint-Lazonqu'est une garepour les bons gonsje rvis lgaminau cou trop longet son pardinguedmandait pardonà un copainà un coponpour un boutuspour un boutonprès dl'autobusprès dl'autobonSi cette histoiresi cette histonvous intéressevous interonn'ayez de cessen'ayez de sonavant qu'un jouravant qu'un jonsur un bus Ssur un bussonvous ne voyiezles yeux tout rondsle grand gaminau cou trop longet son chapuset son chaponet son boutuset son boutondans l'autobusdans l'autobonl'autobus Sl'autobusson

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